Opinion :
Frère des ours est le 43ème et, avant-dernier, film d'animation traditionnelle (2D) des studios Disney. La Compagnie s'est en effet convaincue d'abandonner ce type de production, jugé désormais peu rentable sur le marché américain.
Que reprocher à Frère des ours ? Pas grand chose, en fait !
Mise à part la technologie d'animation, toutes les recettes du Monde de Némo s'y retrouvent. La trame de fond est d'ailleurs strictement identique (une quête initiatique pour apprendre à se connaître et à connaître l'autre), seul le milieu change. Les relations fraternelles sont ainsi décrites avec une attention particulière. La réalisation est efficace et quelques trouvailles, comme l'idée de changer le format de l'image quand Kinaï change d'apparence (1.85:1 en humain et 2.35:1 en ours), font mouche. L'émotion n'est pas en reste (la musique et les décors y contribuent grandement) et l'humour, emmené par le duo d'élans déjantés, Truc et Muche, (dont les voix françaises ne sont autres que Kad et Olivier) tombe toujours à propos.
Même la fin est à bien des égards mémorable...en surprise et en émotion et laissera un frisson vous parcourir.
Malgré ses nombreuses qualités, Frère des ours n'a pas atteint le niveau des recettes que l'on était en droit d'attendre : il a rapporté environ 85 millions de $ sur le marché américain ce qui correspond à un peu plus d'un quart des recettes du Monde de Némo des studios Pixar.
Ce demi-échec a eu de lourdes conséquences puisqu'il a conforté la Direction de la Compagnie dans sa décision de procéder à la fermeture des studios d'animation de la division d'Orlando. Et tant pis, s'ils ont vu naître les succès récents Mulan ou Lilo et Stitch ! Le seul mot d'ordre des Studios est désormais la concentration des moyens et des équipes. Toutes leurs forces vives sont fixées en un seul et unique studio, celui de Burbank en Californie, et considérablement réduites à une équipe voulue plus soudée, plus réactive et, surtout, moins nombreuse. Un virage à 180° pour revenir au temps des productions Aladdin ou de La belle et la bête !
Enfin, et surtout, Disney se lance dans la "monoproduction" en réalisant désormais, uniquement, des films en technologie 3D que le public, il est vrai, plébiscite. Comment leur en vouloir ?
L'unique question à se poser aujourd'hui est de savoir si les Studios Disney vivent la même révolution que l'abandon du noir et blanc au profit de la couleur ou si - plus grave - ils s'apprêtent à abandonner purement et simplement la production de film d'animation...
